24 heures à Salvador de Bahia

Commentaires (4) City Guides, Idées de Voyages

Salvador de Bahia

Passionnante, passionnée, Salvador est le berceau d’un fascinant Brésil métissé et historique. Première capitale du pays, la ville palpite frénétiquement depuis des siècles au point d’avoir vu ses façades colorées s’écailler pour révéler un cachet unique. Nuit et jour, partout, la musique s’envole des ruelles pour remonter vers les toits puis le ciel. Il faut dire que ce dernier tient une place prépondérante dans la Bahia de Todos os Santos. Rivalisant esthétiquement avec celui de l’océan, son bleu intense sert d’immense toile de fond au destin salvadorien. Spirituellement, les cieux règnent surtout sur les 165 édifices religieux quadrillant ce haut-lieu du catholicisme romain. Salvador se veut fièrement différente, rebelle, populaire. On la dit « Rome Noire ». Ici les transes de candomblé rappellent les profondes racines africaines d’une cité où près des deux tiers de la population descend d’un esclave déraciné. Si tous les Saints ne peuvent rien contre ce passé meurtri, ils veillent désormais sur cet instantané de beauté surannée.

SALVADOR DA BAHIA-01

Salvador, cité littorale

Salvador s’éveille avec ce soleil pointant au loin sur l’océan. La voilà qui s’étire nonchalamment après une nuit aussi courte que musicale, comme la plupart des nuits salvadoriennes. Le fabuleux petit-déjeuner de la Villa Bahia, englouti en terrasse, sert de point de départ à cette riche journée. On file vers le Nord en direction du quartier authentique de Ribeira et de la petite Baia de Itapajipe pour une courte promenade sur le front de mer, en partageant ses coups d’œil entre les barques de pêcheurs en réparation et les façades littorales tannées par les embruns. Au bout de la péninsule s’élève la petite Igreja Nossa Senhora de Penha dont l’intérieur mérite un instant de recueillement, même profane. En sortant, sur la praia de Ribeira, on trouve les étals d’un minuscule marché au poisson. Les habitants du quartier viennent y faire des affaires après des discussions souvent animées. Mais le brésilien est une langue si veloutée et ronde que même quand les voix s’élèvent un peu, elle donne l’impression d’entendre des vocalises. On prend ensuite un peu de hauteur pour atteindre l’un des symboles du néoclassicisme colonial portugais : l’Église Nosso Senhor de Bonfim. Sa majesté domine les environs perchée sur une colline d’où la vue sur la baie est splendide. Elle étonne par ses ex-voto et les nombreuses photographies de croyants venus réclamer une faveur. Plus étonnantes encore sont les prothèses médicales qui pendent au plafond et donnent au transept un air presque inquiétant. Mais Bonfim c’est aussi et surtout un festival de couleurs incarné par les milliers de bracelets multicolores attachés à ses grilles comme autant de vœux adressés au ciel. En longeant les flots vers le Sud on trouve bientôt le Forte de Monte Serrat, gardant la baie du bout de ses canons. Ses pelouses toisent aussi bien la petite église de Nossa Senhora de Monte Serrat que l’immense plage en contrebas où les jeunes du quartier viennent jouer au football. Sur les rochers léchés par les vagues on remarque les débris d’offrandes céramiques que l’on doit au Candomblé.

Villa Bahia

L’horloge affiche presque 11h, il est temps de filer vers la pointe méridionale de la ville. Peu avant d’arriver dans le quartier de Barra, on admire les hôtels de luxe et les galeries d’art de la très chic Avenida de 7 Setembro. Quartier résidentiel, Barra est gardé par l’humble Forte Santa Maria, lui-même cerné par les plages. Mais le symbole local est bien plus lumineux : le phare de Barra abrite le Musée nautique de Bahia.

plage Salvador de Bahia

Une ville baroque

Si l’on s’éloigne désormais de la mer on poursuit néanmoins une certaine fidélité à l’élément aquatique en filant vers le Dique de Tororo, un imposant lac artificiel orné d’immenses statues colorées de divinités Orixas et dont les contours gazonneux servent de terrain de sport à tout le quartier. Pas étonnant d’y trouver l’Arena Fonte Nova, l’un des stades de la Coupe du Monde de football brésilienne de 2014.

A l’heure du déjeuner, on choisit les alentours de la Praça de Piedade et du dôme du Convento dos Capuchinhos pour se réfugier dans une délicieuse et populaire churrascaria. Pour digérer en douceur, on se dirige vers la Praça Castro Alves menant à la ville haute. Si la vue sur la rade est superbe, elle l’est d’autant plus sur le toit terrasse du cinéma Espaço Itau, lieu culturel alternatif de premier plan. Juste en face on aperçoit le Forte Sao Marcelo, sorte de Fort Boyard à la sauce bahianaise. En remontant la Rua Chile, on parvient bientôt aux portes du Pelourinho. L’esplanade permettant d’accéder au mythique ascenseur Lacerda offre l’une des plus belles vues sur la baie de toute la ville. 75 m plus bas on trouve le Mercado Modelo et les embarcadères des ferries voguant vers Itaparica. Halte photographique ensuite à la Fondation Pierre Verger, à la Praça da Sé, avant d’atteindre le Largo Terreiro de Jesus, centre névralgique de la vieille ville, de jour comme de nuit. Des façades aux pavés, tout est enchantement. On en profite pour descendre le Largo do Cruzeiro de San Francisco où se trouve l’église de Sao Francisco, magnifique voisine de la Villa Bahia et bijou baroque du 18ème siècle. Si la chaleur est trop intense, rien n’empêche de trouver refuge dans un musée ou une galerie d’art du quartier. Arrivé sur un Largo do Pelourinho très photogénique, on emprunte la Ladeira do Carmo qui remonte vers le quartier des Carmes, dernière étape de la journée. Moins musée à ciel ouvert que le Pelourinho, ce quartier est pourtant d’une beauté inouïe. Ce charme, on le trouve aussi bien dans son aspect populaire que sur les façades et demeures multicolores qui tapissent les rues étroites et pentues. On ne rate pas une visite de l’église des Carmes et du cloître attenant. Légèrement fourbu, on trouve ensuite refuge dans l’un des nombreux cafés de la rue, le Cafélier par exemple, qui offrent presque tous une terrasse dominant la ville basse. On pousse le plaisir jusqu’à la Largo de Santo Antonio, jouxtant le fort du même nom, pour conclure une admirable journée en embrassant du regard cette baie de tous les saints qui garde encore bien des trésors et qui s’éteint peu à peu au gré d’un astre solaire déclinant inexorablement.

Bresil, Salvador de Bahia

Capoiera Salvador de Bahia

port salvador de bahia

 

Découvrez ici nos idées de voyages au Brésil et le site de la Villa Bahia.

 

 

4 Responses to 24 heures à Salvador de Bahia

  1. Kevin dit :

    Génial

  2. Vos articles sont simplement superbes et donnent vraiment envie de voyager, de découvrir, d’échanger de partager…
    Merci pour votre blog

    Yizabel
    Macadam Road

  3. L'Esprit Voyageurs dit :

    Merci Isabelle et bravo pour votre blog!

  4. Sornay dit :

    Très bel article, on a envie d’y être !

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