Balkans – Partir en Croatie, au Monténégro et en Bosnie-Herzégovine

Commentaires (1) Idées de Voyages, Où partir ?

Philippe, Alexandre, Rada, et Nils, conseillers Voyageurs, et grands amoureux des Balkans nous livrent leurs impressions, de retour d’un voyage de repérages de la Croatie jusqu’au Monténégro : un récit exalté ! Ces grands voyageurs décrivent des couchers de soleil plus beaux qu’à Bali, des grands espaces dignes de l’Argentine, et, surtout, un sens de l’hospitalité à nul autre pareil.

Philippe «  la Croatie, c’est l’Europe centrale, l’Empire vénitien, c’est Raguse, c’est une influence austro-hongroise ; le Monténégro, ce sont les montagnes, les fjords, les gorges ; et  la Bosnie… c’est l’Empire ottoman, c’est cet islam très ouvert, les femmes ne sont pas voilées, on boit, on fume, et les églises côtoient les minarets.

Rada : « le fil rouge de tous ces pays, c’est la simplicité des échanges. On peut avoir l’impression que les gens sont très différents les uns des autres, parce qu’ils ont été en guerre,  mais, en fait, il y a beaucoup plus de choses qui les  rassemblent que de choses qui les éloignent. Moi qui suis de Serbie, je me sens appartenir à toute cette grande région : là-bas, je me sens partout chez moi. Dans tous ces pays, il y a un même état d’esprit, une même façon d’envisager la vie, de façon entière : un mélange de fatalisme et d’excès. »

Nils « Et cet état d’esprit fait que l’on se sent vivant – je me suis rarement senti aussi vivant que dans les Balkans ! »

Rada : « A Dubrovnik, on est parti pour une grande balade en bateau jusqu’à l’île de Lokrum, une réserve naturelle, qui abrite des espèces de faune et de flore anciennes. A Cavtat, on a mangé le meilleur poisson qu’on n’ait jamais mangé de toute notre vie, dans un petit restau sur le port, face à une eau limpide – tu veux commander, le serveur te dit « non, laisse moi faire, je t’apporte quelque chose, tu vas voir », il t’apporte la pêche du jour et… c’est juste à tomber !

Alexandre : « L’après-midi, on a rejoint la péninsule de Peljesac, connue pour ses marais salants et ses huîtres, pour ses vins. Des villages perdus au milieu des vignes. On a visité un domaine viticole, accueilli par le fils du propriétaire, looké hipster parisien, il nous fait déguster, et bien sûr, on a acheté, on  ne pouvait pas faire autrement ! Et des petites criques – sur la plage, des familles jouent aux cartes en famille, un gars fait griller du maïs, et une sorte de défilé de mode, les filles, toujours très apprêtées : une plage dans les Balkans, c’est un peu une pièce de théâtre ! »

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Alexandre : « Le lendemain matin on a pris la route pour le Monténégro – 2 heures entre Dubrovnik et Kotor.  Et à Kotor, à peine arrivés, on embarque avec un des deux pêcheurs d’une petite ferme familiale, pour aller récolter des moules avec lui. Au retour, on a fait cuire les moules façon plancha, sur le barbecue à côté du cabanon, avec le hamac pour se poser, face à la mer, et le petit vin blanc qui va bien : profiter, en simplicité. Dans les Balkans, tu retrouves la simplicité !

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Le lendemain, cap sur la péninsule de Luchitsa, plages, petites criques, champs d’oliviers, et des maisons de pêcheurs qui se serrent les unes contre les autres au creux des calanques. Dans un village au milieu de nulle part, on rencontre une famille de producteurs d’huile d’olive – seuls producteurs bio du pays. Dans leur oliveraie – 900 oliviers dont certains centenaires – on est accueillis par l’ânesse. On déguste l’huile d’olive, avant de visiter les pressoirs avec Illja, qui nous explique les techniques de pressage de l’huile d’olive, dont il a hérité de son père (qui les tenait de son père, qui lui-même…). Puis on s’attable chez eux – agneau braisé, pommes de terre fondantes,  fromages de brebis. On s’installerait bien là pour quelques jours de retraite, loin de tout ! »

Nils « Mais on a repris la route – une très belle route de montagne, avec les eaux vertes des rivières au fond des gorges, sur laquelle on a roulé ¾ d’heures sans croiser une voiture. Une belle sensation de grands espaces. Moi qui connais très bien l’Argentine, aux amoureux des grands espaces, je conseille aussi d’aller dans les Balkans ! Aux parisiens qui étouffent dans le métro toute l’année, je dis « allez dans les Balkans ! ». A la frontière monténégrine et bosniaque, une sorte de no man’s land, un endroit improbable, où l’on peut faire du rafting, une sorte d’univers parallèle. Avant il y a rien, après il y a rien, et là il  y a des gens qui te sourient dans leur canoë !  L’impression d’être des pionniers aussi, de vivre une aventure extraordinaire. »

Philipe : « Tu arrives en Bosnie, tu bascules, passé le contrôle aux frontières, tu changes de monde. Sarajevo. Nils conduisait, lui qui est assez bavard : silence radio,  pas un mot. A Sarajevo, on sent qu’il s’est passé quelque chose. En 50 mètres tu  fait 500 ans d’histoire, c’est les Ottomans, c’est l’assassinat de François Ferdinand, c’est la  guerre de Yougoslavie,  avec des atmosphères complètement différentes. Et il y a dans la vieille ville, le quartier ottoman, avec les barbiers, les cafés et les mosquées, les fontaines – tout le monde boit aux fontaines, l’eau est extraordinaire – et le quartier slave, une architecture plus moderne, austro-hongroise. Et ces deux quartiers de la vieille ville représentent la Yougoslavie sur cet espace restreint. »

Nils : « C’est à 2 heures de vol de Paris. C’est ça qui est déboussolant : quand tu vas en Asie, tu t’attends à un autre monde. Mais là, à seulement deux heures de vol : un autre monde. C’est complètement dépaysant.  Sarajevo, c’est une ville qui obsède.  Il y a les traces de la guerre, bien sûr, mais aussi beaucoup de légèreté. Le soir, des géants qui sortent avec de très belles filles – les filles, si elles ont trois cent euros de salaire par mois, elles vont en mettre 290 dans la mode.  Et 10 euros dans le rouge à lèvres. »

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Rada : « Le lendemain on a pris la route pour Mostar. A mi-chemin, un bunker de Tito, conçu pour pouvoir accueillir 200 personnes pendant 6 mois, transformé en centre d’art contemporain : encore un lieu complètement improbable ! Et un petit restau sur le bord de la route, on commande une truite, on nous sert une salade, une soupe, deux truites, et un gâteau à la crème : dans les Balkans, il y a une générosité que tu retrouves même dans l’assiette ! Et la route pour Mostar, très belle route de montagne qui longe la rivière, avec cette eau turquoise, jusqu’à Mostar. La vieille ville ottomane est exceptionnelle avec ses maisons ottomanes, sur un méandre de la rivière Neretva. Et ce fameux pont qu’on a tous vu à la TV, tombé – aujourd’hui reconstruit, symbole de la paix retrouvée. »

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Alexandre : «  Et le lendemain, la région de l’Herzégovine : une  maison ottomane qui abrite deux tombeaux derviches, lieu de pèlerinage. A quelques kilomètres de là, une nécropole bogomile – l’équivalent des Cathares en France. Et une baignade, loin de la foule, en compagnie de quelques familles du coin, venues avec leurs glacières.  Une belle journée : religion,  histoire, architecture, nature.

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Et tu retournes en Croatie, et tu retrouves une sorte de normalité. Et le bruit des cloches, les yeux fermés, tu sais que tu es en Croatie, avec les cloches qui sonnent toutes les heures. Tu sens que le voyage touche à sa fin. »

Nils « Mais ce n’est pas un voyage qui se clôt, c’est un voyage qui se prolonge. Par la musique, par la lecture. C’est un voyage qui donne envie d’apprendre sur cette région. »

Philippe « Il y a des voyages qui marquent la vie. Il y a un avant et un après. Je pense qu’on ne peut le comprendre qu’après y être allé. Moi ça fait 10 ans que je voyage dans la région, et j’y vais au moins une ou deux  fois par an,… parce qu’une envie subite… parce que c’est pas loin.. Il y a beaucoup de clients que l’on a poussé, entrainé dans nos filets.  On a fait une promesse. C’est risqué de faire une promesse du type « vous allez voir des choses que vous n’avez jamais vues, vous allez avoir un ressenti unique ». Mais les clients rentrent et nous disent merci. Et ils veulent aller encore plus loin, ils nous disent : « cette année on va aller en Albanie, en Macédoine ». Ca veut dire qu’on est dans le vrai ! »

Philippe « Quand on ajoute à la Croatie, le Monténégro et la Bosnie, c’est une belle recette. Mer, montagnes, rencontres, minarets, le voyage va être beau ! Jamais aucun client ne nous a dit que cela ne lui avait pas plu. On identifie aussi  les personnes ouvertes à ce type de voyage, par les livres qu’ils ont lus, par les expériences de voyage qu’ils ont eues. J’ai des clients qui partent depuis deux ans de suite trois semaines dans ces régions, avec leurs trois enfants de 3, 4 et 6 ans. On est loin des pays formatés, on est touchés, et on a envie que nos clients ressentent ce qu’on a ressenti. »

Nils « On se sent missionnés, il faut qu’on partage ! »

One Response to Balkans – Partir en Croatie, au Monténégro et en Bosnie-Herzégovine

  1. Anne-Laure dit :

    Je suis Croate. Ca me fait énormément plaisir de constater qu’il y a des gens qui ont su ressentir le côté historique et le multiculturalisme des Balkans. Un grand merci à Philippe, Alexandre, Rada et Nils !!!

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