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Un siècle d’art moderne congolais exposé à la Fondation Cartier pour l’art contemporain

« Kitoko », un terme intraduisible, qui selon André Magnin, marchand d’art et commissaire de l’exposition, est le seul à même de  qualifier « la richesse de Kinshasa, une ville invraisemblable de dynamique, … l’excentricité, la créativité, la beauté, le désordre, la joie, la fête ». Congo Kitoko, c’est une expo foisonnante qui propose un parcours à travers un siècle d’art moderne, à rebours de la chronologie, des plus talentueux artistes actuels jusqu’aux précurseurs des années 20. Peintures, mais aussi installations, photographies, bande-dessinée et musique : on  découvre toute la vivacité de la scène artistique congolaise.

La part belle est donnée aux peintres populaires qui ont émergé dans les années 7O sur la scène kinoise, dans l’énergie folle du Kinshasa postindépendance. Moke, Chéri Samba, Chéri Chérin et les autres débutent en peignant des enseignes publicitaires, puis s’installent dans les rues de Kinshasa, exposant leur toiles sur les façades de leurs ateliers, afin qu’elles puissent être vues de tous. Ils chroniquent la vie quotidienne – scènes de bar, rumba, disputes de voisinage – ou traitent des questions politiques et sociales pour produire une nouvelle forme de peinture figurative. Des tableaux hauts en couleur, peints de façon spontanée, et qui comportent des textes dont l’humour renforce la portée sociale des images.

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> Sans titre (match Ali–Foreman, Kinshasa), Moke, 1974

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> Oui, il faut réfléchir, Chéri Samba 1974

On adore aussi les photographies de Jean Depara et Ambroise Ngaimoko, tous deux d’origine angolaise – le premier s’installe à Kinshasa en 1951, le second en 1971 –  tous deux témoins de la bouillonnante vie nocturne de la ville, que l’on surnomme alors « Kin la joie », cœur vibrant de toute l’Afrique.

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> Euphorie de deux jeunes gens qui se retrouvent, 1972, Ambroise Ngaimoko

Leurs photographies, qui ne s’embarrassent d’aucun préjugé, d’aucun tabou, éclairent l’extraordinaire nuit kinoise des années 60 et 70, ses dandys, ses sapeurs (membres de la Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes), ses belles alanguies.

 

Une exposition tout simplement réjouissante – quand on en sort, un seul regret, un grand regret, celui de ne pouvoir voyager dans le Kinshasa des années 70.

 

Fondation Cartier pour l’art contemporain

261, Bd Raspail, Paris

Galerie d’André Magnin

107, Bd Richard Lenoir, 75001 Paris

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